Le métier de notaire à la loupe
Maître Simon François est notaire depuis 37 ans dans une étude située rue Marceau à Tours. Ancien président de la chambre des notaires du département de l'Indre et Loire et enseignant depuis deux ans à l'Institut des métiers du notariat (IMN) à Tours, il s'est profondément investi dans sa profession. A six mois de la retraite, il apporte un éclairage intéressant sur ce métier qu'il a exercé avec dévouement et passion.
« Je considère qu'on a un rôle social à jouer » explique Maître Simon, quand il définit son métier. Le notaire est un officier public qui intervient à tous les moments clés de la vie : le mariage, le divorce, les successions, le Pacs et même « avant la vie, lorsqu'il faut établir un acte de naissance de paternité ». Cette profession s'exerce dans un cadre libéral, le notaire dirige lui-même son entreprise. Il est nommé par le Garde des Sceaux, et est soumis à la personne de l'Etat, c'est d'ailleurs ce que rappelle « le panonceau de la république avec Marianne au-dessus de l'enseigne ». Le notaire « est là pour appliquer et expliquer la loi » précise Maître Simon. Même s'il n'intervient pas directement dans les tribunaux, sauf dans de très rares cas, son activité est étroitement liée à la justice, « on doit s'adapter, s'efforcer d'expliquer la loi le plus simplement possible, c'est une gymnastique permanente pour traduire des textes législatifs à des personnes qui n'y connaissent rien » développe-t-il.
Après avoir commencé par des études de médecine, Maître Simon s'est tourné vers le droit qui correspondait mieux à son profil littéraire, « le droit c'est des explications de textes permanentes. On peut donner plusieurs sens aux lois d'où l'intérêt de quelqu'un qui tranche ». Après quatre ans à l'université, il enchaîne avec trois années de stage et prépare, en parallèle, les examens. Un cursus presque similaire à celui des étudiants en notariat d'aujourd'hui. Il reconnaît s'être tourné vers ce métier « par hasard », mais ne regrette absolument pas son choix. Il apprécie le contact humain du métier tout comme l'aspect libéral de sa profession. Même s'il admet qu'elle est très prenante, « ça demande une disponibilité de tous les instants, il faut oublier les 35 heures ». La charge de travail est extrêmement importante dans ce métier, « on est obligé de se reformer en permanence avec deux ou trois formations obligatoires par an » car la loi est en perpétuelle évolution « le droit est une matière mouvante ». D'ailleurs il explique à ses élèves que la meilleure manière d'apprendre son métier, c'est en le vivant. C'est pour cela qu'il s'est fortement impliqué notamment en devenant professeur et en s'investissant dans la Chambre des notaires du département, « c'est le meilleur moyen de découvrir la profession ». Un métier qu'il a eu le temps de voir évoluer depuis une trentaine d'années, il a constaté que la fonction du notaire avait changé et s'était adaptée à la société. « La notion de notaire de famille a disparu, mais j'ai encore des clients que je suis depuis trente ans et qui ne font rien sans m'en parler. Les gens changent de notaire plus facilement car ils sont plus mobiles », explique Maître Simon. Mais, ce métier souffre toujours d'une image « balzacienne », « on nous imagine encore comme des personnes dans les papiers, dans les poussières ». Pourtant la profession a su s'adapter rapidement aux changements, notamment dans le domaine informatique « on en est rendu maintenant à signer des contrats à distance par télématique ». Les notaires vont devoir s'adapter une nouvelle fois si le rapport Darrois - qui souhaite la fusion des notaires et des avocats - aboutit à la promulgation d'une loi.
(3703 signes)
Sicot Julie
J1





